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HISTOIRE   DES   INSTITUTS
 

 

 

Le  “Yoga – Institut Bellur Krishnamachar Sundararaja Iyengar de Paris”

 a été créé en 1959 par Noëlle Perez-Christiaens da Fonseca  (août 2019)




Noëlle Perez-Christiaens a été une des premières élèves occidentales de B.K.S. Iyengar.


Elle est allée apprendre le yoga chez lui, en Inde ; ensuite elle le retrouvait tous les étés quand Yehudi Menuhin le faisait venir en Suisse.
 
Iyengar lui a transmis la profondeur de l’approche du Śaraṇagati yoga – le Yoga de l’Abandon – qu’il évoque tout à la fin du vingt-neuvième chapitre du Prāāyāma Dipika… bien que pour Iyengar tout est Yoga.
 
 Dès 1959, Iyengar lui donne l’autorisation d’ouvrir le “Yoga – Institut Bellur Krishnamachar Sundararaja Iyengar de Paris”, et lui dessine l’emblème de la lampe à huile.







 
En 1982, elle retrouve sur Miguel – qui deviendra son mari – et ses camarades descarregadores de peixe – déchargeurs de poisson – à la criée de Setúbal au Portugal, l’aplomb qu’Iyengar voulait lui donner : l’axe de toutes les postures du yoga.

Miguel, analphabète, car soutien de famille à dix ans, prenait les postures parfaitement d’aplomb, sans efforts, parce qu’il n’avait pas, comme beaucoup d’entre nous, perdu l’aplomb : au travail il marchait à longueur de journée avec une caisse de trente-cinq ou cinquante kilos de poissons sur la tête.

Noëlle qui se faisait mal au cou et avait des tensions a la figure en Śīrsāsana s'était dit : « Si je trouvais une femme qui porte son poids sur la tête, elle pourrait m'expliquer ce que je faisais mal » et elle a apprit au cours de ses recherches effectuées en Afrique et en Inde qu'on ne portait jamais son poids sur la tête, trop lourd pour les cervicales.
Elle a continué ses recherches au Portugal qui lui a offert, six ans après la Révolution des Œillets, les meilleurs exemples d’aplomb et de port sur la tête réalisés par des occidentaux.

Sans Iyengar, Noëlle n’aurait pas pu repérer Miguel, ni l’aplomb naturel des Portugaises et Portugais dont beaucoup portaient sur la tête à cette époque.

Sans Miguel elle n’aurait pu réaliser ce qu’Iyengar voulait lui transmettre.

Miguel ne savait pas expliquer comment être d’aplomb, puisqu’il l’était naturellement depuis sa naissance sans jamais en être sorti : il fallait  tout apprendre en observant.

Dès son premier voyage en France nous lui avons demandé comment nos bassins devaient être placé pour être en antéversion, et il nous l’a montré jusqu’à sa mort durant les moments de danse de chaque séminaire.


Il lui est apparut que l’aplomb en action de tous les gens qui portaient sur la tête était sur le même axe que celui de la posture Śīrsāsana, le poids de la charge tombant exactement à l’endroit où la tête est posée sur le sol.

Noëlle souffrait du dos, à tel point qu’elle ne pouvait s’asseoir devant ses élèves de peur de crier ‘Aïe’ en se relevant. En toute bonne foi elle appliquait de manière erronée une technique orientale sur un organisme occidental. Nous vivons dans un climat frais et tempéré ou la nourriture est riche, les Indiens qui vivent dans des pays tropicaux et sont pour la plupart végétariens, voire végétaliens.

La voix impérieuse d'Iyengar donnait les directives nécessaires pour stimuler les organismes indiens, ce qui engendrait chez les Occidentaux des tensions énormes, qui les empêchaient de  réaliser le ‘
create space’ demandé par le Maître, cet espace de relaxation  qui libère toutes les articulations bien placées et leur permet de s’étirer.

Il nous est difficile de retrouver l’aplomb perdu, cela ne s’apprend pas dans les livres, mais se transmet en replaçant le bassin le plus possible en antéversion, en relaxant les genoux qui ramènent le poids sur les talons – Iyengar glissait un pied sous l'avant d'un pied de Noëlle pour que le bassin recule et apporte le poids à l’arrière du calcanéum, sur une surface grande comme une pièce d’un centime.

Alors, et seulement si l’on est sur l’axe, la respiration naturelle peut se rétablir petit à petit dans toute la hauteur des poumons.

Lorsque l’on retrouve l’aplomb, ‘quelque chose’ se passe, le regard s’éclaire, et on a envie de le récupérer à chaque instant de la vie. En dehors de l'aplomb toutes les postures sont fausses et risquent d'endommager toutes les articulations, avec l’aplomb l’ébauche de celles-ci se fait sans difficulté et elles deviennent puissamment énergétiques.


Avec “le minimum d’effort pour le maximum de rendement”, “on va à l’essentiel” en laissant la respiration naturelle – normal breathing – monter, à partir du sacrum, le long de la colonne vertébrale  jusqu’au crâne, comme une vague.