De ce que BKS. Iyengar me transmettait, j’étais satisfaite : la spiritualité, la rigueur, la discipline, l’essence du yoga et les postures en plus… tout cela dans une attention silencieuse durant des séances d’une intensité inouïe. Dans la vie courante il était d’un drôle et d’une joie de vivre incroyable. Il faut bien se souvenir que durant mes sept premières années, j’étais pratiquement seule avec lui.

J’avais conscience d’absorber tout ce qui pouvait pénétrer au plus profond de moi.

Restaient les douleurs des postures, les blessures qui en ont résulté et qui m’accompagneront jusqu’à mon dernier souffle.

Iyengar nous offrait tout son être, entièrement, complètement, sincèrement ; il nous transmettait ce qu’il avait de plus sacré… nous le recevions sans réaliser ce qui nous arrivait… sans se rendre compte que le yoga a pour but de nous construire.

J’avais beau faire, jusque dans le moindre détail tout ce que le Patron me demandait, ma nuque devenait de plus en plus douloureuse. Il fallait trouver pourquoi. J’ai pensé que si je pouvais rencontrer une femme qui porte sur la tête son propre poids, elle pourrait m’indiquer où se logeait mon erreur.

C’est en cherchant ainsi que j’ai rencontré les déchargeurs de poisson de Setúbal et que Miguel est entré dans ma vie. En les voyant j’ai pensé : « Ah ! Voilà … » j’ai senti qu’ils me montraient ce que je recherchais ; en effet je cherchais un moyen de percevoir ce qu’Iyengar voulait que je sente quand il corrigeait mes postures.

Miguel fut mon second maître, celui qui m’a permis de comprendre le yoga qu’Iyengar voulait me transmettre.

Sa rencontre et celle de Miguel me sont arrivées d’elles-mêmes, après bien des recherches et combien de difficultés… de “bâtons dans les roues”… d’erreurs douloureuses qui peu à peu m’ouvraient les yeux sur la nécessité d’affiner encore plus et d’approfondir tant pour moi que pour chacun de mes élèves.

La principale difficulté est de leur faire comprendre qu’il faut beaucoup d’efforts et de patience ; que rien n’arrive rapidement, mais que tout vient peu à peu par le travail… que cela leur prendra d’autant plus de temps, d’attention et d’écoute qu’ils voudront à leur tour transmettre ce qu’ils ont reçu.


 

Noëlle

 

 

Module mainbottom